Catherine Brousse

Art-déco-c
Déraillement
Le 19/07/2019

Le sommeil est une dissolution du corps en milliards de cellules séparées par de noires galaxies.
Le rêve est le sablier dans lequel nous coulons, grain par grain, nuit après nuit.

Paris-Aix, juin 2019
La bordure d'argent
Le 30/06/2019

Quelle époque formidable !”, m’écrit une amie aujourd’hui. "Take me home/Where I belong/ For I can't stand it anymore”, chante Aurora que j'écoute, dans l'atelier. Oui… On ne sait plus où donner (de) la tête et on se perd…
Quand la réalité devient trop violente, tenter de retrouver souffle, et cœur. Retrouver le rêve, si beau nuage qui se fond dans le fond noir des “choses". Je lisais enfant le conte d'un qui rêvait de voir des nuages la bordure d'argent. Ou d'or ? En tous les cas une munificence… Revivre le rêve…
Les verrous
Pour
Le 07/10/2018

Plus que le joug, déposer le charroi.
Recommencé à bidouiller, à tacouner, à taquiner le goujon de l'être ; fini de charroyer… pour un - tout -petit moment. Et puis un vide, un creux ; soudain tout se dérobe, aride mise à nu, tout se soustrait. Main malhabile comme la pensée.
La question est toujours Pourquoi faire ? Pour quoi faisons-nous ? Pour qui ? La réponse est peut-être juste Pour
le ciel appelle
Vieille vision éphémère ?
Le 12/06/2018

Une vision éphémère vite enfuie des buissons de la mémoire :
on en garde une image pâlie que les mots, parfois, ravivent… ou recouvrent.

Ô, les belles pinces !
Ô vieillesse ennemie
Le 19/05/2018

Vieillir et rester une personne, voilà le difficile. Saluer et être saluée en retour ; avoir des voisins, vivre en bon voisinage jusqu'au plus tard possible ; ne pas être avalée par les institutions, anonymisée, mise à l'écart, au rebut, parqués, chambre 309, deuxième étage, au fond du couloir…
Kindness
Relégation de qui ? Gens d'un autre âge ? Gens n'appartenant plus vraiment au genre humain ?
Les mains de Kim
Le 12/04/2018

Sur le sol, entre les mains de Kim, dans le grand silence du shiatsu, le corps dit ses peines dans une langue plus parlante que tous les mots du poème.
Les mains dressent la cartographie des flux : muscles, veines, tendons ; il n'y pas plus de chair, mais des territoires dont elles lénifient les tensions, retracent les frontières et retissent les liens. Triple tâche si nécessaire en ces temps !
Elles consolent les os qui sont les derniers à pâtir.
Lampe
Croisées
Le 11/04/2018

Comme dans un jeu de tarot, surgissent des figures énigmatiques qui nous interrogent aux croisées des chemins, des embranchements, des jonctions et des séparations, qui secouent nos nerfs endormis et nous disent avec la voix du vent : "A vif ! A vif ! Reste vif !"
Croisements
Un autre Antoine
Le 10/04/2018

Antoine Simon à Barjols
Le poète vroum vroum vibre et vibrionne.
Il joue aux petites voitures ; il joue sa vie enjouée, rieuse, guillerette même, pieds chargés de tout ce poids d'humanité, il cherche toujours et encore et main-te-nant à s'alléger.
Un oiseau le traverse en silence. C'est un poète ? C'est un poète ! C'est un poète…
Ne le craignez ni ne l'enviez. Ecoutez : y a de la poésie dans l'air !
Comment "ça" marche
Notre problème, c'est le lyrisme dont nous craignons l'académisme, les régurgitations romantiques, les sirupeux débordements d'un siècle qui pour lyrique n'en fut pas moins sans pitié. Mais le chant de la lyre nous appelle, nous entraîne vers des envolées somptueuses quand la vie gonfle le cœur, les poumons, la voix…

"(…) nous sommes tous passés par là
Gide ou Rimbaud comme les autres
de pauvres hères qui errent
entre le mot et la mort (…)"

A.S. Contre-chant (éditions Gros Textes)

Antoine Emaz
Le 07/04/2018

Dire qu'Emaz m'émeut est aussi facile que faible.
Lente, très lente et âpre lecture de Planche : 28 pages en trois mois !
Andante tout d'abord et puis le passage pénètre les sens ; retour sur ses mots lus ; avancée mot à mot, chacun ou presque fouaillant le lieu même du travail, où je travaille, où "ça" travaille en moi.
Accord parfait sur presque tout. Une page à peine et je retourne au "boulot de bijoutier", aux questions de "soudure", à l'attente suspendue à ce qui vient, à "l'ineffable torture".

Emaz encore :

Une joie illisible de l'œil

Ah, créer l'image qui serait digne de ce titre !

Contre-plongée
Le 28/03/2018

"Qui m
En italien, contre-plongée se dit "di sotto en su". Représenter, non pas de haut en bas, avec l'assurance de dominer son sujet, mais plus humblement du bas vers le haut.
Le contraire de l'introspection qui tente de plonger jusqu'en nos caves les plus reculées ?
Partir du fond – et donc toucher le fond – pour remonter vers la surface. Y voir clair ? Aspirer enfin cette clarté ?
Lever la tête, lever les yeux, donner un coup de pied, de reins, de tête, un coup de dés, se dégager, monter comme bulle de savon.
Di sotto en su, contre-plongée.
Venue des bas-fonds, qui m'apprendra à toucher le ciel ?
Dans le pâle
Le 30/01/2018

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Après une goutte d'élixir printanier
au doux parfum de "je reviens",
c'est l'hiver qui revient et son goût de métal.

Délicieux moment
Le 09/12/2017

Ce moment délicieux où l’on abandonne toute velléité de combat avec soi-même.

S’évanouir dans la nature !

Vital Blues
Le 17/11/2017

Parfois j'entends
le chant des baleines bleues
l'écho des galaxies
le lamento des mondes

parfois j'entends
l'inaudible enchanteur
mutité sidérale
The sound of silence

et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat

et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat
et c'est mon cœur qui bat

Coeur battu battant
Amitié
Le 19/10/2017

Amitiés,
Parole donnée
Echange de paroles
Les mots et les gestes
Comme un sang partagé

« A la vie ! A la mort ! »

jamais reprise


une sève, un sens, un son


Plus besoin de caquetages
Amitié automnale

Seul compte ce qui palpite
Se faire l’écho de cette vibration

Pour cela se taire

Mais le tam-tam de la peur qui bat
Aux portes du cœur empêche

Pour cela on parle

Ô saisons
Le 25/08/2017

Déjà qu’on se sent tellement velléitaire
tellement impuissante
comment fera-t-on quand on ne pourra vraiment plus
comment s’y préparer

Rétroviseur
Conversation avec Rapiette
Le 04/08/2017

Ce chemin fut d'homme ! Le bâton fouette vaillamment les ronces qui montent à l'assaut du sentier d'autrefois. La main retrouve les gestes d'enfance, prend la ronce par en-dessous pour, d'un mouvement violent vers le haut, la couper net. Le pied aussitôt se pose en son milieu tandis que le bâton déjà se lève pour la suivante.
Ce chemin fut d'homme ?, répond la ronce et, avec elle, la fougère et la repousse de châtaignier et, avec elles, mille autres plantes dont je ne sais même pas le nom…
Chemin d'homme ? Quelle présomption ! D'homme, avant comme après, jamais ne fut, ou par emprunt momentané, forcé de haute lutte car, décidément, homme ne sait que dompter, gardant l'apprivoisement pour ses contes de fée…
Podarcis muralis
Je dis à la rapiette : "Tu es beau, tu es magnifique, et entier, et entièrement sauvage; tu es ici chez toi. Moi, je ne sais pas, n'ai jamais su ma place. J'écris pour toi, lézard ; là est mon lieu. Et cela ne sert à rien, à rien du tout.
Mais tu es bien bon de m'écouter divaguer et ce fut grand honneur de te rencontrer.
Chez Soulages
Le 23/07/2017

Enfin, l'antre Soulages, durement "gagnée" après quelque détour autoroutier, entre Valence et Rodez.

Soulages, c'est l'histoire du mat et du brillant, leurs points d'encontre, leurs petites guerres, leurs accords secrets.
Noir et blanc ? Pas besoin, le noir y suffira. Il suffit de le longer pour en saisir l'enjeu, pour y lire les reflets mouvants que nos trajectoires y dessinent, pour voir comme la lumière joue avec la matière, se joue d'elle, l'affleure, la pénètre, la sculpte et, parfois, sublime épiphanie, la fait oublier.
Occultation de l'opaque…
Dans le noir
Light Wave
Black School

La matière a besoin que la lumière l'occulte et la révèle tout à la fois.

Temps-mélasse
Le 25/05/2017

Il arrive que le temps se fasse mélasse et l’on s’y englue. Sans déplaisir. A condition de ne point trop s’imposer de charges. Or les charges abondent vite si on se laisse aller.
C’est là le paradoxe : les gens disent :”Allez ! ne nous laissons pas aller et faisons, faisons !”, mais en réalité, quand on se laisse aller à faire, à s’affairer, à s’enferrer sur nos affaires, les temps pour nous alors s’affolent.
Quel jour sommes-nous ? Quelle date ? A combien d’heures, de jours (de semaines !) remontent ce mail, cet appel, ce projet, cet engagement, cette obligation, cette tâche à faire, cette affaire ?
Temps-mélasses

Être. Dans sa maison
C’est bon. On se love dans sa coquille, on se rencoquille. On est bien
À l’abri de l’effort du mieux faire…

Pour un petit peu de ce précieux temps.

In-cohérences
Le 21/04/2017

Parfois il arrive que,
dans cet amas d’images et de signes,
s’ébauche une cohésion entre des éléments,
toujours si disparates et dispersés,
une cohérence bienfaisante…

Chute d’illusions ? Ou traces dans la matière
de ce qui pourrait être porteur enfin
d’un indice, d'un dessein,
d'un sens ?
Cohésion de la matière :
“Ceci n’est pas un nuage”,
sa plus forte conviction.

Vraiment ?

Ah, comme la roche la plus
vraisemblablement dure
va
poreuse !
Dendrites
Et puis l’incohérence réenvahit ce monde, les hommes fatigués, tentent, dans un grand désordre général, de nommer leur leader, leur lider massimo, leur fureur, leur conducteur, leur timonier, leur bien aimé, leur grand commandeur, leur chef, leur tête…
Mais la leur, prise dans les leurres, n’y voit goutte, n’y fait pas sens.
Langue
Le 17/03/2016 et le 04/04/2017

De quelle langue partons-nous, presque muets, à coup sûr balbutiants ?
Et à laquelle arrivons-nous, à la traversée de la page impartie ?
A quelle langue revenons-nous toujours, la cherchant partout, attachés à répondre,
de bredouillements en ânonnements, de brouillaminis en ébauchages,
de tentatives plus ou moins désespérées en espoirs les plus azimutés de trouver un quelconque Nord,
attachés à répondre
à tous les signes entr’aperçus, soupçonnés, subodorés, sentis ?

Une langue. ma langue.
Langage et code - la vérité arrive marquée et masquée -
M’entendez-vous là dehors, camarades ?

Ou le mot est-il encore trop fort, trop marqué, stigmatisé ?
Non que nous partagions les mêmes chambrées,
ou bien, compagnons, que nous mangions le même pain…
Quel meilleur mot, ô lecteur, ma fratrie en aphasie,
pour que nous nous entendions ?

De quelle langue nous parlons, nous ?
En quelle langue nous parlons-nous ?
M’entendez-vous là dehors, camarades ?
Récolte
Le 07/03/2017

Quelle est la récolte du jour ?
On trouve un moment pour se recueillir
et lire les signes glanés,
cueillis au fil du temps.

Qu’est-ce qui s’est pris
dans le panier des sens
dont on s’éprenne,
prises, nous aussi ?

Ratures
Quelqu'un
Le 07/02/2017

Quelqu
Respirer
Le 18/01/2017

Après la crise, la descente infernale dans des souffrances dont on ne comprend pas le sens, si ce n’est de l’endurer, première sortie dans la lumière et le froid intenses.
Je respire.
N’oublie pas de respirer !
Seul sens à tirer de tout cela, seule leçon.
Les chasseurs tirent au loin – pas si loin ! – sur quelque improbable prise, les dernières grives du peu qui reste, un lapin plus égaré que de garenne ou, de dépit, une pie qui, elle, prolifère.
Et moi, je m’emballe devant une friche, un crottin et l’herbe rase qui, sous le gel, persiste, persiste. A respirer.
Le tit-tit des passereaux ponctue l’air gelé ; qui sont-ils et combien en reste-t-il ?
Je glane des bribes, des traces de choses qui disparaissent : n’est-ce pas là le principe même de l’image et du mot ?
L’air craque dans les poumons comme des grêlons, petits coups de canon qui font écho au cœur : le froid saisit ; il faut bouger.
Manure
Claire d'Aurélie
Le 20/12/2016

Le bien que fait la conversation des oiseaux !
Claire d’Aurélie avait bien raison avec sa Lettre des oiseaux qui déraisonnait à tout va sur tout ce qui passait à portée de ses yeux, tout en appelant sans trêve à nos sens et les bons !
Je le comprends aujourd’hui et regrette que nous nous rencontrions mieux maintenant qu’au temps où nous nous croisions, tout occupée que j'étais à tenter de faire vivre le Salon de la petite édition de Cotignac. Mais point de regrets, lisez-l : je recommande son dernier ouvrage (posthume, hélas !) : Demain, je me lève de bonheur, imprimé en 2015 par les bons soins de L'atelier du hanneton.
La lettre des oiseaux - Claire d
Pépé
Le 11/12/2016

Quand les paroles ne passent pas le pas de la langue,
le seuil des usages, le gué des conventions,
comment se dit l'amour,
toi qui me regarde de si loin te regarder ?
Un instant nous nous voyons
encore une fois
comme autrefois,
dans les copeaux et la sciure,
sur un vélo à trois pattes,
devant un hirondeau,
moi et toi.
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Dessous un amour indicible,
une interrogation sans réponse.
Si tu savais
Toiles, encore
Le 09/12/2016

Appelée à tisser
à ourdir
à plier
à remettre
cent fois sur mon métier...
à passer au peigne fin
mes propres poux !
Stacks Image 81866
Démontée - catherine brousse
A m'enrouler sur mes tensions,
mes propres chaînes.
Actualisation
Le 07/12/2016

Je retrouve aussi cela, écrit en 2006, et oui, c'est vraiment… d'actualité !
Au Mucem, marseille - Ccatherine brousse
Qu'est ce que j'aimerais voir en ce moment de grande incertitude et d'une certaine détermination ?
Quelle version de mon entendement ?
Quelle version de ma folie ? De leur folie ?
Quel aspect de ce monde en folie ?
Quel événement qui dé-fasse, maintenant, la totale actualité, la totale acuité ?
Quête du sens, encore et toujours, ne s'en lassera-t-on jamais ?
Qu'en croire ?
Le 05/12/2016

Parfois, il me semble disparaître… Où ?
Qu
Dans ces images qui surgissent
Dans ces images qui surgissent
D’on ne sait où
Et qui parlent d’un monde
D’où je pars.
Hiver
Le 05/12/2016

Mais où c'est qu'on en est (pas "où c'est qu'on n'est née" ou "hou, ces con qu'on est !" ou encore "sait-on qu'on en est"), donc où en sommes-nous (c'est quand même mieux d'en être, n'est-il pas ?) en sommes-nous, en somme, de nos cris de nos écrits, de nos écritures ?
Ici, comme d'hab', pas de rab', peu de choses, pas de quoi rameuter les copines, pas de quoi faire signe en les chaumières, pas de quoi, quoi ! Mais c'est la fin d' l'hiver, la findiver, autant dire qu'on en est à la faim de printemps, oui, c'est là qu'on en est, là qu'on est née, dans la faim du printemps, avec des soifs aussi, terribles ! Mais encore endormie, un peu assoupie, dans l'hivernage, sans ivresse et sans ébriété, dans l'attente de l'été (ah, qui dira le présent qu'est l'été, cette grammaire savante et suave du temps !)... Donc pas grandes chose-z-à dire, un petit bonjour, deux petits fours, trois petits tours et puis s'en va…
Toiles, encore
Le 02/12/2016

C'est encore de toile(s) qu'il s'agit…

Aviaire

Et alors s'agite quelque chose,
des signes que l'on cherche à déchiffrer,

Preening

une histoire…

Remerciements
Le 18/12/2016

Je veux remercier ici Yannick qui a conçu le site tel qu’il existe maintenant et m’a appris à faire joujou avec ; non pas un nouveau jouet, mais tout un terrain de jeu où presque tout est possible dans le cadre qu’il a créé. Désormais, les erreurs, maladresses, imperfections et autres défauts me seront entièrement imputables.
Les prisons du rêveur
Les rêves de Yannick
Merci également à Cléau Fourès qui a commencé l’aventure de ce site
(https://www.mdlc-lef.com/contactsInformations.htm)
Etablir des ponts (des fourmis et des hommes)
Le 10/08/2014

Autoroute
Tentant de saisir des fourmis au bout de ma lorgnette, c’est moi qui suis saisie. Par leur vitesse d’abord. Sur cette corde à linge de nylon, elles filent, si j’en crois mon obturateur, à plus d’un cent-vingtième de seconde ! Quelle différence avec l’araignée tégénaire qui, si elle peut être rapide -nécessité oblige - tendrait plutôt à ne pas bouger des heures durant, immobile, attendant que se prenne quelque proie dans de sa toile que seul quelque courant d’air paresseux fait frémir dans la grange abandonnée…
Mais la fourmi, non ; elle file, en longue file sur ce fil providentiel, pont suspendu reliant le cabanon à mazout et le cabanon à chaudière, qui restent bien chauds l’hiver : deux royaumes pour un empire. Et c’est ainsi que les fourmis ont occupé deux de nos trois cordes à linge, nous contraignant à serrer le linge ou, parfois, par étourderie, à recouvrir d’un drap blanc toute une autoroute à grande fréquentation.
Et donc la fourmi file, à toute vitesse et sans trêve, ne s’arrêtant que pour toucher antenne avec qui de droit, soit de grosses fourmis qui, dos en l’air, semblent les interroger. Sont-ce des notables qui, civilement, leur demandent nouvelles ? Ou des gardes qui vérifient du bout des antennes leur identité, s’assurant qu’elles appartiennent au clan et ne sont pas des intruses subrepticement infiltrées pour venir tuer leur reine, voler leurs pupes, dévorer leurs provisions ?
Il n’y a de place sur la corde à linge que pour une fourmi à la fois et il faut voir la rapidité avec laquelle, lorsqu’elles se croisent, l’une passe dessous, tête en bas, pour continuer son chemin sans s’arrêter un centième de seconde ! Quel ordre de préséance gouverne le choix de qui reste au-dessus et qui passe dessous ? Les regardant faire, me reviennent des récits des colonies, lorsque les indigènes devaient descendre du trottoir quand passaient les nouveaux maîtres.
Sont-ce ici les mêmes règles ? Les mêmes immuables lois, les mêmes iniquités ? L’ordre des choses ?
Hiératique hiérarchie : on se voit pareil et il suffit d’une odeur, d’une couleur, d’une infime intonation ou même, allez, d’un code génétique légèrement différent…
  •  Perte de temps

    Perte de temps

  •  Différents ponts

    Différents ponts